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L'abattage d'arbres du bd Mohammed V à Kénitra inquiète

Aujourd'hui, dans les grandes villes étrangères, les responsables chargés des
politiques urbaines prennent en compte les considérations liées au réchauffement
climatique
Ces approches passent par la promotion du transport propre, des espaces verts, etc. Le programme quadriennal (2006-2009) de mise à niveau urbaine de Kénitra prévoit l'aménagement des grandes artères de la ville pour alléger la circulation, la mise en place de carrefours giratoires, l'installation prochaine d'un nouveau éclairage public, le projet de création d'un parc de 92 ha dans la forêt Maamora et la réalisation de plusieurs petits espaces verts. Mais c'est l'aménagement du boulevard Mohammed V, où seront réalisés des carrefours giratoires équipés de trois fontaines, a débuté par un abattage d'arbres qui suscite la polémique.
Ces arbres, rappellent les spécialistes, sont indispensables, car ils absorbent le gaz carbonique rejeté par les véhicules et dégagent de l'oxygène. Ils jouent aussi un rôle de sauvegarde de la biodiversité vu que cette végétation constitue une liaison sur laquelle les oiseaux viennent se reposer quand ils se déplacent entre la ville et la forêt. L'autre difficulté prévue, la diminution de l'ombre qui entraînera une hausse de la température de la ville. La pollution sonore, elle, va augmenter, puisque le feuillage constitue un tempo où vient s'amortir le bruit des véhicules et les façades de la ville se saliront rapidement.

«Ce programme d'aménagement des grandes artères de la ville n'a pas fait l'objet d'appels d'offres ou de concours à l'égard des architectes de la ville. La réalisation de ces carrefours au centre-ville va davantage bloquer la circulation. Selon une étude allemande, ces carrefours sont la principale source d'embouteillage dans les villes. Pour faire face aux problèmes de circulation, la seule solution est d'interdire le stationnement le long des principaux axes et la construction de parkings souterrains ou à plusieurs étages comme cela se fait dans de grandes villes étrangères», indique l'architecte Jamal El Karkouri. L'autre problème, c'est l'élargissement de la voirie au détriment du trottoir. « Partout dans le monde, les grands axes sont dotés de larges trottoirs pour permettre aux gens de se promener. Les cafetiers devront revoir les plans de leur terrasse », ajoute El Karkouri. Pour la wilaya, ce programme urbain a respecté la transparence. «Tous les projets inscrits dans le cadre de ce programme sont menés sur la base d'études spéciales qui ont répondu à des appels d'offres ouverts. Ce programme a été validé par plusieurs instances : ville, province, région et ministères. Pour ce qui est des giratoires, le problème ne réside pas dans leur mise en place, mais dans l'éducation des automobilistes au respect du Code de la route.

Tout conducteur engagé dans le giratoire possède la priorité jusqu'à ce qu'il le quitte, mais les chauffeurs ne le font pas», répond Mohamed Mouadi, chef de la division équipement à la wilaya de Kénitra. Pour éviter les problèmes posés par ces giratoires, les responsables procèdent à des tests pour analyser le comportement des automobilistes. «Ces carrefours ne sont pas figés et nous procédons à des changements. Nous demandons même l'avis des policiers chargés de la circulation sur les conditions d'usage du nouveau carrefour. Sachant que les giratoires sont le meilleur moyen pour régler les problèmes de circulation et d'embouteillage au niveau d'un carrefour. Il est vrai que la réalisation des giratoires entraîne des contraintes techniques et impose aussi un grignotage comme c'est le cas de l'empiétement qui sera effectué sur le petit jardin du quartier Mimoza qui sera remplacé par un autre espace vert juste à proximité et dont l'aménagement a commencé.

Notre objectif est d'uniformiser les trottoirs et la chaussée de la ville», ajoute Mouadi. Quant au rétrécissement du trottoir, les responsables du projet affirment qu'il reste suffisamment large (quatre mètres) pour la circulation des piétons. Pour ce qui est des arbres arrachés, ces mêmes services s'engagent à les remplacer par d'autres et là où il y aura besoin d'ombre. Le projet prévoit également l'implantation de palmiers à l'entrée de la ville du côté de Rabat et de Tanger. Quant aux platanes de l'avenue Diouri, ils ne seront jamais touchés, car ils représentent l'identité de la ville. Dans tout ce débat, la société civile réagit «Ce projet est à l'encontre de la sauvegarde de l'environnement de notre ville. Les carrefours giratoires vont compliquer la circulation lors de la saison estivale avec l'arrivée des Marocains résidents à l'étranger qui font beaucoup d'aller-retour entre la ville et la plage de Mehdia», souligne Larbi Zeroual, de
l'Association de la recherche pour le développement de Kénitra et Gharb.
Source Le Matin
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