Home » , » Conjoncture:Détérioration du climat social

Conjoncture:Détérioration du climat social

Publié le : 19.12.2010
La crise déclenche piquets de grèves et mobilisation.
L'Union régionale Centre de la CGEM a pointé du doigt les fermetures successives et leurs conséquences sur la région de Rabat.
Le constat est alarmant. Depuis le déclenchement de la crise économique, on assiste à la fermeture de plusieurs entreprises dans la région de Rabat-Salé-Kénitra, provoquant une grave dégradation du climat social. Cette question s'est invitée, par la force des choses, à la rencontre organisée mardi dernier à Rabat par l'Union régionale Centre de la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc).

Cette rencontre qui a vu la présentation du bilan des actions réalisées par l'Union en 2010, s'est arrêtée longtemps sur la problématique des fermetures, de ses incidences sur les rapports employés-employeurs (licenciements, grèves, respect du droit au travail..) et par ricochet sur l'ambiance dans les unités de production.
Les intervenants étaient quasiment tous d'accord sur un fait : le climat social au sein des entreprises implantées dans la région, en particulier les entreprises de textile, s'est dégradé sensiblement ces derniers temps.

Moncef Kerdoudi, directeur général de la CGEM centre n'a pas fait dans la dentelle. Selon lui: «la situation est dramatique. Il y a des licenciements sans indemnités, avec pour résultats des piquets de grèves, ce qui compromet le droit au travail des non grévistes ». L'attitude des patrons des entreprises en difficultés n'arrange pas les choses. A chaque fois qu'il y a une réunion consacrée à un conflit social, «ils se défaussent en adoptant la politique de la chaise vide» dit-il.
L'exemple de la société Mornatex illustre on ne peut mieux le malaise qui règne.

Cette société, filiale d'un groupe anglais de textile, a décidé au cours des dernières semaines, la fermeture de ses quatre usines à Salé et l'arrêt définitif de ses activités au Maroc. Résultat : 1500 salariés se retrouvent sans emploi, avec toutes les conséquences sociales et psychologiques que l'on peut imaginer.
Des sources de l'ODT (organisation démocratique du travail) corroborent ce qui a été dit lors de la réunion de la CGEM : les patrons font la sourde oreille et refusent de verser aux employés licenciés leurs indemnités.

Selon cette organisation syndicale, «la société multinationale Mornatex n'a proposé ainsi aucune mesure concrète aux salariés, mêmes les obligations légales dans ce genre de situation ne sont pas respectées.
A l'évidence, de telles attitudes ne facilitent pas le dialogue. Au contraire, elles créent un climat délétère qui n'est pas de nature à favoriser la paix sociale dans la région. C'est pourquoi, les employés licenciés se sont mobilisés devant les 4 usines empêchant la sortie du matériel. Ils observent depuis plus d'une semaine un sit-in pour protester contre la fermeture des usines et pour alerter les pouvoirs publics.

La fermeture de la société Mornatex et le licenciement de l'ensemble de ses personnels est loin d'être un cas isolé. Depuis le déclenchement de la crise, la destruction d'emplois a touché plusieurs unités industrielles dans la région, notamment à Salé.
Selon Ali Lotfi, secrétaire général de l'ODT, lors du deuxième semestre 2010, cinq usines ont mis la clé sous la porte, occasionnant la mise à la porte de quelques 2500 salariés.

«Au cours de cette dernière semaine, une entreprise française de textile a mis fin à ses activités, licenciant quelque 90 ouvrières. Le nombre réduit des inspecteurs de travail et l'absence de délégation syndicales ne permet pas de couvrir toutes les unités industrielles, ce qui laisse penser que la situation est encore plus grave » explique M.Lotfi.

Malheureusement, le faible niveau de qualification des licenciés du textile amenuise considérablement leurs chances d'être recasés ailleurs, ce que confirme pour sa part le vice président de l'Union régionale centre (CGEM), précisant qu'il fallait, pour y remédier, mener des actions profondes en termes de qualification et de formation.

Les conséquences sociales d'une fermeture d'usine sont souvent dramatiques pour des milliers de familles qui se retrouvent du jour au lendemain privées de leurs moyens de subsistances.


Union régionale Centre de la CGEM
L'Union régionale Centre de la CGEM couvre la zone qui englobe Rabat, Salé, Bouknadel, Kénitra, Temara, Skhirat , Bouznika, Sidi Slimane , Khmisset , Sidi Yahya Gharb, Sidi Kacem. Elle s'assigne pour mission notamment de :
-Permettre aux membres qui composent l'union, de débattre des problèmes propres à la région et proposer au conseil d'administration les mesures et les solutions appropriées.
-Assurer la représentation de la région au sein tant du conseil d'administration que du conseil national de l'entreprise.
-Représenter la CGEM auprès des instances et des autorités régionales ou locales.
-Proposer et recommander au conseil d'administration les actions à mener par la CGEM sur le plan régional, pour tenir compte des particularités économiques et sociales spécifiques propres à la région.
-Promouvoir et développer l'entreprise par la formation.
-Parrainer des projets de création d'entreprises innovantes par les entreprises affiliées à notre Union.
Parmi les thèmes débattus par l'Union régionale centre en 2010, il y a lieu de citer, le droit de grève, la sécurité au travail, le développement durable.


Repères Etat des lieux

Grave dégradation du climat social dans la région, depuis le déclenchement de la crise économique
Fermeture de plusieurs unités industrielles, provoquant des centaines de licenciements
Monatex, une société anglaise de textile, a licencié récemment 1500 salariés.


Par Abdelwahed Rmiche | LE MATIN
Share this article :

Aucun commentaire :