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Kénitra a son musée de la Résistance et de l’armée de libération

9/16/2013


Kenitra dispose désormais de son espace socioculturel et muséal de la résistance, destiné notamment à jeter des passerelles avec la jeune génération pour lui inculquer les valeurs du nationalisme et de la citoyenneté.
L'espace construit sur une superficie de 823 m2, a été inauguré, vendredi, par le Haut-commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l'armée de libération, Mustapha El Ktiri, et le wali de la région du Gharb-Chrarda-Beni-Hssen, Driss El Khazzani.
Il a été financé grâce à un partenariat entre le Haut-commissariat et les conseils régional, provincial et communal pour un montant global de 2.480.800 DH.
L'espace muséal comprend des bureaux administratifs, une bibliothèque contenant 1.556 ouvrages sur la période de la résistance contre le colonialisme, une salle audiovisuelle, une salle de communication, une autre d'internet, une salle de réunion, un espace d'exposition contenant 22 portraits de Souverains alaouites et 71 photos illustrant les plus importantes étapes de la lutte pour la liberté et l'indépendance du Royaume.
Y sont exposées aussi 193 pièces représentants des objets, habits, armes et munitions utilisés par le mouvement de la résistance et l'armée de libération dans son combat contre l'occupation, et 524 photos personnelles des membres du mouvement national de libération dans la ville du Kenitra. D'autres pièces de musée viendront renforcer ce trésor prochainement, selon le délégué provincial du haut-commissariat.
De son côté, M. Mustapha el Ktiri a expliqué que cet espace constitue un lieu dont la vocation est de garder vivace la Mémoire nationale. Ce sera aussi un foyer pédagogique pour inculquer les valeurs du sacrifice et de citoyenneté à la jeunesse marocaine.
Cet espace, a-t-il ajouté, illustre les actes glorieux de la lutte du mouvement national pour l'indépendance du Royaume et permettra aux jeunes générations de prendre connaissance de ce patrimoine de la Mémoire Nationale dédié à tous ceux qui se sont sacrifiés pour la liberté et la dignité.
M. El Ktiri a exprimé la volonté d'enrichir cet espace par d'autres documents et enregistrements historiques. Il a, à ce sujet, rappelé que des contacts sont entrepris pour récupérer les archives nationales qui se trouvent dans 18 pays.
La construction de cet espace, a ajouté M. El Ktiri, entre dans la cadre d'un réseau de musées réalisés à travers le territoire national. Quarante-trois espaces similaires ont été construits jusqu'à présents et le haut commissariat, a-t-il dit, aspire à atteindre un nombre total de 107 musées.
Plusieurs membres de la famille de la résistance ont été honorés à cette occasion. Il a été également procédé à la remise de soutiens financiers aux enfants des membres de cette famille porteurs de projets économiques et d'aides aux veuves des résistants et membres de l'armée de libération.
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Sebou:Histoire de la navigabilité de l'Oued Sebou

7/13/2012

L'embouchure du sebou à Mehdia

Il y a donc longtemps que l'on s'occupe de la navigabilité de l'Oued Sebou et les sultans marocains se sont quelquefois servis de cette voie fluviale pour transporter des objets dont le poids rendait le transport difficile par terre. De même les Romains ont dû se servir du Sebou pour pénétrer dans le pays; ils avaient en effet sur la rivé gauche du fleuve deux stations dont les ruines sont encore visibles, Thamusida, aujourd'hui Sidi 'Ali ben Ahmed et Colonia AElia Banasa, aujourd'hui Sidi'Ali Bou Djenoun. On n'a retrouvé aucune trace de colonie romaine à l'embouchure du fleuve où se trouvent seulement les vestiges de Thymiateria. L'Emporium Carthaginois devait être considérable, à en juger par ses restes récemment découverts et qui se composent « d'une vaste construction rectangulaire d'environ 350 mètres de longueur, établie en bordure de la rive gauche du fleuve, formée
Douar d'El-khlit Bel-Qciri
de murs en blocage d'une épaisseur qui va jusqu'à 2 mètres et qui n'ont aucune ouverture extérieure par laquelle puissent pénétrer les eaux ou l'ennemi. De même les compartiments intérieurs en sont également étanches; on n'y pouvait donc pénétrer que par le haut, ce qui en faisait de véritables silos artificiels. La défense militaire était assurée par l'Acropole 1 ».
1 Général de Torcy, la Navigablillé du Sebou, p. 4. Paris, 1912

Source: Titre : Archives marocaines. Publication de la Mission scientifique du Maroc
1913 (VOL20)


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L'Etoile Vélocipédique de Port-Lyautey (EVPL) vue par PERICLES... et présentation (pêle-mêle) de nos talentueux cyclistes

7/11/2012

Reportage Maroc-Presse, daté décembre 1954 et signé PERICLES, icône du journalisme sportif au Maroc :


L'ETOILE VELOCIPEDIQUE DE PORT-LYAUTEY (E.V.P.L.) A UN BEL AVENIR DEVANT ELLE


Pour un club, il ne suffit pas qu'il ait en son sein des vedettes, il lui faut avant tout et surtout ce ciment que l'on appelle camaraderie. Les vedettes passent et se fanent comme les roses. La camaraderie résiste au temps et éternise un club.

Il y a deux ans seulement, naissait à Port-Lyautey l'Etoile Vélocipédique de Port-Lyautey. Les dirigeants pouvaient avec grande facilité se compter sur les doigts d'une seule main ; les coureurs s'appelaient Le Caer et Terruel, deux transfuges du football. On sait les difficultés que rencontrent les clubs cyclistes pour vivre ; ces difficultés étaient encore plus grandes pour ce jeune club que l'on regardait avec un petit sourire en coin.

La camaraderie qui régnait entre coureurs et dirigeants renversa une à une toutes les embûches. Si un jour vous avez la chance de voir dirigeants et coureurs de ce club, vous aurez des difficultés à discerner où se trouvent les uns et où sont les autres. Les dirigeants sont au moins aussi jeunes que les coureurs et parfois même plus jeunes. Entre eux pas de "chichis", pas d'histoires mais une belle et solide amitié et toujours de franches explications qui ne dépassent jamais les limites permises et qui n'entachent pas leur amitié.

Dimanche soir j'ai assisté avec plaisir à leur banquet de fin d'année (1954). Ce fut pour moi une bien agréable soirée, dénuée de tout protocole et où la plus belle gaieté et la plus belle camaraderie n'ont cessé de régner.

C'est là que j'ai appris que le CAP avait presque mis sa section cycliste en veilleuse car presque tous les coureurs du club doyen étaient présents à ce banquet et courront sans doute, dorénavant, sous les couleurs de l'EVPL.

Je crois que les différents services administratifs de Port Lyautey seraient bien inspirés en ne méconnaissant plus dorénavant l'EVPL et en lui accordant de justes et bien méritées subventions afin de lui permettre de continuer à vivre et à prospérer.

Je suis heureux de féliciter vivement dirigeants et coureurs de l'EVPL pour leur constant et méritoire labeur en faveur du cyclisme. Je leur adresse un appel amical en leur demandant de continuer à rester unis, à marcher la main dans la main et surtout à ne pas ouvrir leurs oreilles aux jaloux qui pourraient éventuellement essayer de jeter la discorde parmi eux. La force d'un club réside, je le répète, beaucoup plus dans la camaderie et la bonne entente que dans l'idolatrie d'une vedette. Je félicite particulièrement Yvon Le Caer qui a rapporté deux belles victoires à son club et qui, malgré sa jeunesse, est un excellent trésorier possédant l'art double de faire entrer de l'argent et de ne pas le laisser sortir. Je suis certain que cette saison on entendra beaucoup parler des gars de l'EVPL.
source
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Le Gharb dans les Archives marocaines. Publication de la Mission scientifique du Maroc

7/04/2012

De même les deux tribus qui constituent la province du Gharb, les Sofyan et les Beni Malek, tout en ayant chacune des territoires parfaitement distincts, n'occupent pas dans le Gharb deux régions différentes. Les villages et les terres des deux tribus sont au contraire mélangés les uns avec les autres. S'il est possible de retrouver les
terres appartenant à chacune de ces tribus, il est impossible de tracer entre elles une limite générale, qui n'existe pas. En un mot, il n'y a pas un territoire sofyani et un
territoire maleki séparés par une frontière, mais des territoires Sofyan et des territoires Beni Malek. Leurensemble constitue la région du Gharb. De nombreux
villages des Oulad Djelloul Khlot se trouvent à l'ouest du Gharb, quoique la limite de cette région soit indiquée au Nord par l'Oued Dradar. De même au sud il se trouve
des douars Gharb sur la rive gauche du Sebou Les Oulad Ben Talha, et d'autres, non loin de la qoubba de Sidi Malek ben Khadda Eç.-Çoubaïhi, entre le confluent de l'Oued Mekkès et du Sebou et les Oudaïa Ahl Sous. Plusieurs villages des Ma'atgaet des Mghaïten, fractions des Sofyan, se trouvaient également sur la rive gauche du Sebou entre ce fleuve et les Beni Ahsen ces derniers, depuis plusieurs années, ont refoulé les Sofyan sur la rive droite et ont étendu de fait le territoire des Beni Ahsen jusqu'au Sebou. Il résulte de ces empiétements, ainsi que nous le verrons en parlant du régime immobilier, de très grosses difficultés au point de vue de la transmission pratique et légale des territoires. Les Beni Ahsen, en effet, ont la possession effective depuis plus de dix ans mais les Sofyan (Ma'atga et Mghaïten) ont conservé leurs titres de propriété.

Source:
Titre : Archives marocaines. Publication de la Mission scientifique du Maroc Auteur : Mission scientifique du Maroc
1913 (VOL20)
Auteur : Direction générale des affaires indigènes. Section sociologique



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Extrait du livre Une ambassade au Maroc / par Gabriel Charmes (1887).

6/30/2012

C'est à quatre heures et demie du matin que nous dûmes quitter El-Arâïch; car nous avions une longue étape à faire avant d'arriver au campement. Le temps était sombre; parfois de petites averses venaient nous rappeler que le Maroc était un pays pluvieux et que Dieu n'avait pas fait de pacte avec nous, comme avec Noé, pour nous préserver d'un nouveau déluge. Cependant, nous entrions dans un pays d'une merveilleuse richesse, dans la fameuse prorince du Gharb, qui jouit dans tout l'empire d'une réputation de fertilité non usurpée. Quoique la terre y soit à peine cultivée, elle porte de magnifiques moissons; les villages y sont nombreux, entourés de jardins de l'aspect le plus riant. Partout où s'arrêtent les champs ensemencés commencent des prairies où l'herbe devient si haute, dans les années humides comme celle-ci, qu'elle atteignait souvent le poitrail de nos chevaux. Le safran sauvage, la scille et l'iris, que nous retrouvions partout, le ricin et la férule couvraient le sol de leurs fleurs. Nous rencontrions aussi de nombreux azeroliers fleuris, aux tiges énormes et tortueuses. Au loin, une ligne plus verte s'offrait à nos regards. Nous en approchions ; c'était une forêt, une vraie forêt cette fois, avec des arbres aussi grands que les plus grands d'Europe, aussi touffus, aussi imposants. Nous
marchions tantôt au milieu de vastes et vertes clairières, tantôt à l'ombre de chênes gigantesques et plusieurs fois séculaires. Par malheur, la hache du bûcheron promène la dévastation dans cette solitude grandiose. Les charbonniers s'y livrent librement à leur industrie destructrice. Bientôt de nouveaux pâturages remplaceront la forêt et iront rejoindre les pâturages voisins, qui s'étendent presque à l'infinidans cette contrée remplie de troupeaux. Au sortir de la forêt, nous cheminions encore au milieu de collineset de plateaux dont la ressemblance avec ceuxdu Cantal me frappait de plus en plus. La bise qui soufflait sur eux, la pluie qui nous fouettait le visage, complétaient la ressemblance. Nous nous arrétames sur un point élevé,aux environs de la koubba de Lella-Mimouna-Taguenaout, près de laquelle selient, chaque mercredi, elArbâa, le marché le plus fréquenté du Gharb.
La koubba de la sainte, entourée de cactus, est tout à fait charmante ; on diraitun de ces jolis oratoires ensevelis dans la verdure qu'on rencontre dans nos campagnes de Provence et qui semblent être les sanctuaires d'un culte, non desacrifices, mais de mystérieuses et poétiques émotions.
Le fait est que la légende de Lella-Mimouna-Taguenaout n'est pas de celles qui portent à la tristesse et aux vertus pénibles. Lella-Mimouna étail à la fois d'une grande beauté et d une piété profonde; sa beauté l'inclinait à l'amour, sa piété lui fit choisir pour objet de sa passion un marabout renommé,Sidi-Bou-Selham, qui vivait au bord de la mer, entre Rbat' et Él-Arâïch, en un lieu où l'on vénère aujourd'hui sa koubba. Mais elle nepouvait se présenter â lui et lui faire l'aveu de sa flamme et de ses désirs, sans risquer d'être éconduite par un hommeaussi dévot. Elle supplia donc le ciel de la transformer en une négresse horrible, et c'est dans cet état qu'elle vint offrir à Sidi-Bou-Selham de faire sa cuisine et de s'occuper de son modeste ménage. Comment le chaste personnage aurai t-il flairé la tentation ? Il accepta donc salis hésiter les services de Lella-Mimouna, pensant que ce serait une mortification de plus que d'avoir constamment sous les yeux une femme aussi laide. La nuit venue, Lella Mimouna reprit sa forme véritable, se revêtit de toute sa beauté, bornant là d'ailleurs ses vêtements, et s'offrit ainsi aux regards troublés de Sidi-Bou-Selham en lui disant : “ Pour te récompenser de ta sainteté, Dieu a décidé que tu posséderais dès cette terre une houri céleste, et il m'envoie te donner un avant-goût des joies du paradis. “ Cette fois, le marabout n'hésita plus : peut-on refuser les présents de Dieu? Le jour, LeIIa-Mimouna se changeait ennégresse; La nuit, elle redevenait une adorable maîtresse. Le saint et la sainte vécurent de la sorte durant de longues années, jusqu'au jour où ils allèrent s'enivrer, dans un monde meilleur, des plaisirs dont ils avaient déjà si largement usé dans
ce monde-ci.

Telle est l'histoire édifiante que m'a racontée le fkih, c'est-à-dire l'écrivain arabe de la légation de France, lé surlendemain de notre dépari d'El-Arâïch,.


Source:
Titre : Une ambassade au Maroc / par Gabriel Charmes
Auteur : Charmes, Gabriel (1850-1886)
Éditeur : C. Lévy (Paris)
Date d'édition : 1887
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 1 vol. (III-343 p.) ; in-12


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