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PJD : Chaâbi jette l'éponge

7/02/2009


Le député du PJD de Kénitra, Mohamed Chaâbi, qui n’est autre que le fils de Miloud Chaâbi, a décidé de quitter le parti de Saâd Eddine El Othmani. En fait, Mohamed Chaâbi aurait été importuné par Abdelaziz Rebbah, secrétaire général de la Jeunesse du PJD. Ce dernier a même été choisi par les militants du parti à Kénitra pour qu’il préside la liste PJD lors des prochaines législatives.
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Affaires : Les trois hôtels de la chaîne hôtelière Farah sont à vendre

4/01/2009

Qui va remporter l’appel d’offres international pour la vente des trois hôtels qui appartiennent à la chaîne Farah Al Maghrib ? Anciennement connus sous l’enseigne de Safir, ces trois hôtels sont proposés à la vente selon un communiqué de presse rendu public la semaine dernière.

Dans un communiqué de presse passé inaperçu, publié dans le quotidien londonien, “Achark Al Awsat”, dans son édition du lundi 25 mars, la société Farah Al Maghrib pour la promotion et le tourisme, annonce son intention de vendre les trois hôtels (Farah Casablanca, Farah Tétouan et Farah Kénitra) qu’elle détient et gère désormais depuis la dissolution, il y a quelques mois, de la société Safir SA. Le communiqué en question précise toutes les conditions de l’opération de vente, parmi lesquelles la soumission des offres au plus tard le 6 mai 2002. Contactés par nos soins pour avoir des précisions sur les motifs de vente, les dirigeants de la société “Farah Al Maghrib” n’ont pas donné suite à nos sollicitations. Seul Mohamed Achetouane, directeur général de l’hôtel Farah Casablanca, ex-Safir, avait accepté de nous recevoir sur recommandation bien évidemment de ses supérieurs, à savoir la société gestionnaire. Selon lui, “les motifs de vente des trois hôtels sont à rechercher au niveau des relations pas tout à fait bonnes qui existent entre les actionnaires de la société”. Détenue par trois groupes d’actionnaires, des Libyens, des Koweïtiens et des Egyptiens (ceux-ci sont minoritaires), la société Farah Al Maghrib, selon le patron de l’hôtel Farah Casablanca, a souvent été gérée par plusieurs maîtres qui n’arrivaient pas à trouver un consensus favorable au développement de la société qui gère les trois hôtels mis en vente. D’où la situation financière pratiquement intenable dans laquelle se trouvent aujourd’hui les deux hôtels, Farah Tétouan et Farah Kénitra. Ces deux unités sont au bord du gouffre puisque les charges dépassent largement et de loin les recettes qui s’amenuisaient depuis quelque temps sous l’effet d’un manque patent de maintenance et d’entretien. En guise de sanction, ces deux hôtels ont vu leur classement se dégrader d’une étoile pour rétrograder de 4 à 3 étoiles. Contrairement à ces deux unités-là, l’hôtel Farah Casablanca, comme l’explique son directeur général, a réussi à échapper à la crise qu’il avait pourtant subie, il y a quelques années. En 1999, l’ex-Safir souffrait d’une situation financière déficitaire et risquait sous l’effet d’une baisse importante d’activité, de jeter l’éponge. Mais, le plan de rénovation, mis en place et appliqué par la direction générale, a permis à l’hôtel de retrouver son équilibre financier. L’année 2000, l’hôtel passe du rouge au vert. Idem pour l’année 2001 même si les résultats définitifs ne sont pas encore officiellement connus. Pour financer ce plan de rénovation dont le changement de l’identité visuelle a été l’élément saillant, la direction générale affirme avoir eu recours à l’autofinancement. “Les actionnaires, en l’occurrence les Libyens et les Koweitiens, n’ont pas participé financièrement à ce plan”, explique Mohamed Achetouane qui se montre rassurant quant à cette opération de vente des trois hôtels étant donné qu’elle va permettre, selon lui, de retrouver un seul actionnaire de référence capable d’insuffler un nouvel élan à la chaîne. Qui va donc remporter l’appel d’offres lancé ? On n’en sait rien. Mais les pronostics du dirigeant de Farah Casablanca indiquent que la bataille va se jouer entre les Libyens et les Koweitiens, déjà présents dans le tour de table de la société Farah Al Maghrib. L’un des deux groupes d’actionnaires va se retrouver majoritaire. Mais, il n’empêche qu’un nouvel actionnaire, outre les anciens, pourrait faire son entrée dans le capital de la société si ce dernier présente une offre financière alléchante aux vendeurs.
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DRAME DE KÉNITRA : Un effondrement en cache un autre !

1/28/2008

Dix-huit personnes ont été tuées et 26 autres blessées dans l’effondrement d’un centre commercial en construction dans la ville de Kénitra.
On n’a pas encore enterré les victimes qu’une autre personne meurt après l’écroulement d’une dalle en béton à Rabat.
Dix-huit personnes ont péri dans l’effondrement d’un centre commercial en construction, situé dans un complexe résidentiel et commercial, s’étendant sur une superficie de 4 hectares, au quartier Oulad Oujih à Kénitra. 26 autres personnes ont été grièvement blessées, dont certaines ont été transportées d’urgence vers le CHU de Rabat.
Dés les premières heures qui ont suivi le drame, plusieurs équipes de secours ont été dépêchées sur les lieux, entre autres, les éléments de la protection civile basée à Salé, des unités du génie militaire de Kénitra. Tous ces corps constitués ont été mobilisés pour venir à bout d’un amas de béton, qui a englouti avec lui plus d’une quarantaine d’ouvriers, qui étaient en train de déjeuner au sous-sol de l’immeuble. Selon des témoins sur place, seuls les ouvriers qui sont partis déjeuner à l’extérieur ont eu la vie sauve. Les sauveteurs entendaient des voix crier au-dessous des amas de béton. Certains ont été déchiquetés. Le constat est douloureux. Aussitôt informé, le Roi Mohammed VI a adressé des messages de condoléances aux familles des victimes, et a décidé de prendre en charge les frais d’hospitalisation des blessés ainsi que le transport des dépouilles des victimes à leur lieu de résidence dans les différentes villes du royaume. Certaines victimes étaient venues de très loin pour travailler au chantier, comme Ahmed Farid d’Errachidia et Brahim Ait Daoud de Ouarzazate.
L’immeuble effondré faisait partie d’un projet commercial et résidentiel de 330 appartements. Il appartient à la chaîne Al Manal qui se trouve à Rabat et Salé. Selon les habitants de la région, le projet en construction est édifié sur un exutoire des eaux de ruisseaux. Dès que la pluie tombe, la cuvette est submergée par les eaux, comme cela fût le cas lors des dernières pluies.
Face à la cherté du bâtiment à Rabat, Kénitra était devenue une proie facile pour la mafia du bâtiment. La demande est devenue forte ces dernières années.

Une commission d’enquête mixte
Plusieurs fonctionnaires de Rabat ont commencé à s’installer à Kénitra qui se trouve à 20 minutes de Rabat. Le terrain où s’est déroulé le drame a été concédé par le groupe Al Omrane pour le compte du propriétaire d’Al Manal. Ce dernier avait eu auparavant, des démêlés avec la justice lors de la fameuse opération d’assainissement. Abdelaziz Senhaji qui se trouve actuelement dans une clinique à Agdal, a débuté sa carrière comme négociant en tissu haut de gamme à la médina de Rabat dans les années soixante-dix avant de se lancer dans le bâtiment dans les années 90. Dès l’annonce du drame, l’homme a eu un malaise cardiaque. Son fils a été interpellé par la police dans le cadre de l’enquête sur les circonstances exactes de l’affaire. Six personnes ont été interdites de quitter le territoire pour les besoins de l’enquête. La police a entendu l’architecte, le responsable du bureau d’étude, le chef de chantier et deux de ses collaborateurs.
Mercredi 16 janvier, le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, s’est déplacé sur les lieux de l’accident avant de se rendre à l’hôpital
Al-Idrissi. Le ministre a affirmé que les mesures nécessaires seront prises et que la fermeté requise serait de mise afin d’éviter de tels drames. Chakib Benmoussa a insisté sur la nécessité de déterminer la responsabilité de tout un chacun. Interpellé au Parlement la semaine dernière, le ministre de l’Habitat, Taoufiq Hjira, a appelé les élus à déployer des efforts supplémentaires pour renforcer l’arsenal juridique en matière de construction pour renforcer les mesures répressives et les mécanismes de contrôle. Pourtant, les mécanismes de contrôle existent déjà. Mais là ou le bât blesse, c’est au niveau de la corruption, comme l’affirme le président de l’Instance Nationale de préservation des biens Publics au Maroc, Mohamed Tarek Sbai. Ce dernier a même qualifié le phénomène de la corruption qui sévit dans le domaine du bâtiment, de terrorisme.
Une commission technique mixte a entamé, dès vendredi 18 janvier dernier au matin, une enquête sur les lieux du site de l’immeuble qui s’est effondré à Oulad Wajih. L’enquête concerne les aspects technique, administratif et procédural, pour déterminer les circonstances de l’accident.
La commission mixte est constituée de représentants des ministères de l’Intérieur, de l’Equipement et du Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE), ainsi que des services extérieurs de la Wilaya de Kénitra concernés par la question de l’habitat, comme l’Agence urbaine, les départements de l’urbanisation et le service technique.
La police judiciaire de Kénitra a auditionné, dès le jeudi 17 janvier, six personnes liées au projet de construction de l’immeuble en question, dont le promoteur du projet, l’architecte et le chef de chantier.
Des poursuites judiciaires seront engagées contre les personnes impliquées, sur la base des résultats que la commission mixte va annoncer.
La police judiciaire a également entendu des témoignages de familles et proches des victimes et de blessés dans l’accident.
Selon une source officielle, le chantier avait été contrôlé 3 fois en 6 mois. Aucune hypothèse sur l’origine de l’incident n’est avancée par les autorités jusqu’à présent. On attend toujours les résultats des analyses du LPEE qui a dépêché sur place des ingénieurs et de techniciens, munis de matériels sophistiqués. Sitôt que les secours ont évacué les lieux, l’équipe a procédé au prélèvement d’échantillons du béton utilisé dans les dalles et les piliers et de la terre au niveau des fondations.
«Ce pourrait être un problème avec le sol, les matériaux ou les méthodes de travail», ajoute la même source.
Selon un expert en bâtiments, il est fort possible que le décoffrage ait été fait trop rapidement pour gagner du temps. Le béton était toujours frais lorsque le drame est survenu, affirme un témoin. L’effondrement a été provoqué après que les ouvriers avaient coulé la troisième dalle. Le bâtiment de trois étages s’est écroulé comme un château de cartes en quelques minutes.
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Corruption et malversation

Le 4 janvier dernier, le Secrétaire général de la Commune urbaine de Kénitra, a été interpellé par la police judiciaire sur ordre du parquet. Celui-ci avait été pris en flagrant délit de corruption de 100. 000 DH soutirés à un particulier qui avait soumissionné à un appel d’offres pour l’exploitation d’un café au nouveau marché de gros. Le Secrétaire général de la commune lui refusait l’autorisation depuis 2001, date à laquelle le café a été adjugé aux enchères. Finalement, le fonctionnaire véreux a été condamné jeudi 17 janvier à un an de prison et 10.000 Dh d’amende. En effet, certains fonctionnaires corrompus dans les services en charge des permis de construire laissent faire, en contrepartie de pots-de-vin. Le drame de Kénitra n’est que la partie visible de l’iceberg. Vendredi 19 janvier dernier, 24 heures après le drame de Kénitra, une personne a été tuée et une autre grièvement blessée au quartier de l’Agdal à Rabat, après l’effondrement du plafond de la cour d’un appartement situé au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation de trois étages. Les deux victimes, des maçons, étaient en train d’enlever les étayements du plafond de la cour de l’appartement, sans permis de construire. Un ouvrier âgé de 27 ans a été tué sur le coup, le deuxième, a été transféré à l’hôpital Ibn Sina de Rabat. L’effondrement est survenu vers 9 heures du matin. Une enquête a été ouverte par la police scientifique pour déterminer les circonstances exactes de l’accident. Le propriétaire de l’appartement et le chef de chantier ont été interpellés par la PJ qui a ouvert une enquête. Selon le chef de service de l’urbanisme de la préfecture de Rabat, Khalid Ouyaya : «dans ce cas précisément, la façade de l’immeuble, ne présentait aucun signe extérieur de travaux. Le propriétaire de l’appartement avait profité de la nuit pour faire entrer les matériaux de construction. Ce genre de travaux se fait souvent le soir du vendredi, le week-end et les jours fériés». Selon une source au sein de la municipalité de Rabat, ils avaient déjà ordonné au propriétaire d’arrêter les travaux le 15 janvier dernier. Mais il avait continué en dehors des horaires de travail. Selon une source bien informée, un agent de la commune a été sanctionné après cette affaire. Même son de cloche au niveau de la mairie de la capitale : «les services de la commune ne peuvent pas savoir ce qui se passe à l’intérieur des appartements. Seul le syndic est habilité à intervenir normalement dans ce genre de travaux. Même au quartier de l’Agdal, on retrouve malheureusement la pratique des aménagements au noir. C’est le rôle des syndics qui doivent prendre leurs responsabilités en matière de contrôle des aménagements dans le cadre de la copropriété», explique Jalal Keddoudi, Maire adjoint de Rabat.
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INTERVIEW AVEC LE DR MUSTAPHA MCHICHE ALAMI* : «Appliquer des condamnations pour corruption, c’est le rêve de toute démocratie»

12/22/2007



La Gazette du Maroc : Y-a-t-il une définition claire de la corruption en matière de marchés publics ?
Mustapha Mchiche Alami : Il faut distinguer plusieurs niveaux en ce qui concerne les délits liés aux marchés publics. Une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public qui tente de procurer à autrui un avantage injustifié qui casse l’égalité des candidats dans les marchés publics et les délégations de
services publics, c’est du favoritisme. Ce même responsable investi d’un mandat électif public qui reçoit d’un particulier des offres, des dons ou des avantages quelconques pour accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte découlant de sa fonction ou de son mandat, c’est de la corruption. C’est ce qui explique en partie que les marchés publics débouchent souvent sur des routes défoncées, des écoles qui tombent en ruine dès leur démarrage et des lotissements qui ne font pas long feu.

L’année dernière, Bouzoubâa avait présenté à la Chambre des représentants, le projet de loi 54?06 instituant une déclaration obligatoire de patrimoine de certaines catégories de fonctionnaires ou agents publics qui avait provoqué la colère des parlementaires. Pourtant n’est-ce pas là un texte qui vise à combattre la corruption ?
-Nous avons été les premiers à applaudir cette initiative même si on avait considéré à l’époque que le texte était incomplet. Plus encore, dans une question orale à la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme en février 2007, j’étais même allé plus loin demandant à ce que la déclaration du patrimoine soit élargie à d’autres catégories d’hommes publics qui ont une autorité quelconque. Comme je n’ai pas omis de rappeler que le texte en question qui a pour objet de déterminer les personnes assujetties à une déclaration de patrimoine, tels les présidents des conseils régionaux et communaux ainsi que leurs membres fondés de pouvoirs et délégataires de signature, les présidents des conseils préfectoraux et provinciaux et les fonctionnaires ayant le pouvoir de nomination, est en deçà du texte voté en 1992.

Au cours de votre législature, avez-vous eu à dénoncer des cas concrets de malversations, corruptions ou autres trafics d’influence ?
En 2006, notre groupe a plusieurs fois demandé des éclaircissements au ministre de l’Intérieur concernant le pillage du sable des communes de Mehdia, Moulay Bousselham et Lmanssra, pour ne citer que celles-ci. Nous avons à l’époque enquêté par nos propres moyens sur l’ampleur du phénomène. Les résultats étaient consternants. Près de 600 camions traversent Kénitra chaque jour, remplis de sable pour aller on ne sait où. Nous avons calculé le manque à gagner pour les communes citées qui s’élève de 50 à 60 milliards de centimes par an. Tout le monde sait que le pillage systématique de nos plages ne peut se faire sans des complicités à plusieurs niveaux. Des complicités qui s’achètent au prix fort. Voilà un dossier où la corruption fait le plus de mal. Les communes perdent non seulement des ressources financières mais de plus, c’est tout un écosystème qui est menacé. Dans sa réponse à notre requête, le ministre de l’intérieur s’est contenté de rappeler que des mesures ont été prises pour combattre le pillage du sable sans préciser lesquelles.

Quelles mesures préconisez-vous pour combattre la corruption ou du moins en limiter les effets ?
Ecoutez, on peut commencer par des mesures très simples. Il faut savoir qu’à la base du système de corruption, il y a une opacité voulue. Je vous donne un autre exemple concret : À plusieurs reprises, j’ai été appelé à intervenir en tant que député de la région Gharb Chrarda pour dénoncer, soit une mauvaise gestion communale, soit une passation de marchés douteuse voire même des cas de corruption avérés.

Que fait alors le ministère de tutelle ?
Il envoie une commission, laquelle commission établit un rapport, lequel rapport donne lieu à une interpellation de l’élu qui, au pire risque un blâme écrit. Le problème dans tout cela, c’est que les résultats du rapport restent confidentiels alors que la loi sur les collectivités locales stipule que ces conclusions soient publiées sur le journal des collectivités locales. Ne pas publier ces irrégularités équivaut à les encourager. Il y a donc à la base un simple problème de circulation de l’information.

Pourquoi peine-t-on à mettre en place des mesures anticorruption qui soient efficaces ?
Tout d’abord il faut qu’il y ait une réelle volonté politique de lutter contre le phénomène. De plus, par expérience , on sait qu’il ne suffit pas de se doter de textes de loi novateurs pour mettre un terme à la corruption, ni même la freiner. On est aujourd‘hui conscient qu’il faut absolument engager d’autres actions coordonnées si l’on veut vraiment combattre ces pratiques. Il faut surtout adopter des systèmes efficaces de suivi et de vérification des comptes avec des structures et des hommes qui ont la volonté et les moyens de poursuivre les contrevenants, indépendamment de leur pouvoir sur l’échiquier politique ou financier.

Quel est le rôle de la justice dans cette lutte ?
La justice a un rôle central. Un appareil judiciaire qui ne soit pas corruptible et qui puisse prononcer des condamnations et les faire appliquer, c’est le rêve de toute démocratie. De même, il est important de former des juristes spécialisés dans la passation des marchés publics qui puissent comprendre les dessous de l’adjudication des marchés. Tout cela bien entendu ne peut se faire que si on donne à ces hommes choisis pour leur intégrité les moyens d’être à l’abri des pressions politiques. Il faut également rémunérer raisonnablement les fonctionnaires pour limiter le risque qu’ils cèdent à la tentation de fermer les yeux sur les pratiques de corruption. D’une manière générale la refonte complète de la fonction publique et du système de conduite des affaires publiques est à revoir.
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IMMIGRATION CLANDESTINE : Encore et encore des dupes et des escrocs

10/25/2007

On le sait depuis fort longtemps. Tous les moyens sont bons pour mettre les pieds sur l’Eldorado. Les prétendants à l’immigration font et donnent tout ce qu’ils peuvent et les passeurs usent de toutes les astuces pour encaisser le maximum d’argent. Histoire de Bouâzza, spécialisé dans l’arnaque des coiffeurs, et qui a été coffré et présenté à la justice jeudi dernier.

Mouhcine Bouâzza, né à Kénitra en 1971, bachelier en Lettres modernes, se faisait passer pour un douanier. Il avait même un uniforme et un badge et faisait croire à ses victimes qu’il pouvait les aider à immigrer en Espagne. Bouâzza choisissait sa clientèle dans les salons de coiffure voire les coiffeurs eux-mêmes. Les montants que les prétendants à l’immigration versaient variaient entre 2000 DH et 30.000 DH. Les 2000 DH n’étaient qu’une petite avance, selon ses aveux. Le présumé coupable racontait qu’une fois la victime embobinée, il faisait le voyage avec elle jusqu’à Tanger, prenait un hôtel et le lendemain matin, il la faisait s’introduire dans le port de la ville du détroit pour la laisser poiroter sur les quais. A son arrestation, et selon les aveux qu’il a formulés à la police judiciaire de Hay Mohammadi-Ain Sebâa, cinq victimes ont été identifiées. Deux victimes n’avaient déboursé que 200 DH chacune. La troisième 23.000 DH, la quatrième 7.000 DH et la cinquième 30.000 DH. Le pointage de Bouâzza au terminal central a révélé que l’accusé en question était aussi recherché par la police judiciaire de Kénitra pour les mêmes motifs. Le mis en cause a pu échapper à la vigilance des policiers avec une carte d’identité nationale émise au nom de son frère, employé à l’hôtel Mâamoura de Kénitra. Une carte sur laquelle il avait apposé sa photographie personnelle. Mouhcine Bouâzza a été déféré devant la justice jeudi dernier pour escroquerie. A rappeler que plusieurs escrocs, des femmes notamment, agissent de la même façon. Ils encaissent des sommes d’argent et font loger leurs victimes dans des hôtels à Tanger pour prendre la clé des champs le lendemain.
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Fondation Sidi M'chiche EL Alami : Un exemple de bénévolat médical

11/20/2006

Venir en aide aux plus démunis et secourir ceux qui en ont le plus besoin, tel est le credo permanent de la Fondation Sidi M’Chiche El Alami qui remet en route sa caravane du bénévolat médical à travers le Royaume. Pour mener la guerre aux malformations faciales , la Fondation a, dans sa campagne du 13 au 17 novembre, pratiqué gracieusement des opérations chirurgicales au bénéfice de 140 patients des milieux urbains et ruraux à l’hôpital Al Idrissi de Kénitra. Cet exemple de solidarité au profit des plus défavorisés a permis de redonner espoir à ces citoyens en fracture sociale originaires des provinces de Kénitra, Sidi Kacem, Larache, Khemisset, Rabat, Témara et Salé. Un espoir qui se mesure à une réhabilitation certaine des patients libérés d’un renfermement psychologique aux conséquences aggravantes. Merci, les Volontaires Bénévoles
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Classement de 27 sites au registre de Patrimoine National

1/16/2006

Dans le cadre de la politique de préservation et de mise en valeur du patrimoine architectural national, le ministère de la Culture a procédé au classement au titre de patrimoine national d’un certain nombre de monuments de la région du Gharb-Cherrarda-Béni Hssen (région de Kénitra) datant du début du 20ème siècle (architecture d’Art Nouveau et Art Déco, et architecture coloniale). En effet, les études menées par le Ministère de la Culture en étroite concertation avec les autorités locales, les élus et d’autres services relevant des différents départements ministériels concernés, notamment l’agence urbaine de Kenitra, ont montré la valeur historique, architecturale et esthétique indéniable de ces bâtiments aux fonctions et aux types divers (cathédrale, cafés, cinémas, villas….) et de l’intérêt pour leur protection et leur transmission aux générations futures. À cet effet une réunion a été présidée par le ministre de la culture et le Wali de la région en présence des déférents acteurs locaux au siège de la wilaya le mardi 3 janvier 2006 afin d’entamer la procédure de validation du classement de 27 monuments ayant fait l’objet d’une étude minutieuse par le comité de classement du patrimoine concerné. Il s’agit de 9 immeubles privés, de 4 hôtels, de 2 bâtiments administratifs, de 3 établissements publiques, 5 villas et une église .
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La Fondation Chaâbi ouvre le bal

10/26/2005

Cité universitaire privée au Maroc La Fondation Miloud Chaâbi injecte 100 millions de dirhams dans un projet de cité universitaire privée destinée aux étudiants de l’enseignement public. Objectif : contribuer à la résorption du déficit en logements universitaires.

Le Groupe Chaâbi plus connu dans le BTP, la Grande distribution et le carton s’apprète à se positionner dans l’enseignement supérieur privé. Deux universités privées de ce groupe spécialisées dans l’enseignement informatique, le management, les sciences et les techniques…verront bientôt le jour. Bouzinka sera la première ville qui accueillera la première université privée du groupe. Kenitra suivra. Avant la concrétisation de ce projet, la première cité universitaire privée de Kénitra financée et réalisée à 100 % par l’homme d’affaires souiri, une nouveauté au Maroc, vient d’être inaugurée le 2 septembre 2005. Sa fondation portant son nom l’a financée à hauteur de 100 millions de dhs. Avec cette somme, ledit projet est réalisé à 70 %. Le reste suivra incessamment. "Dans le cadre de sa contribution à la politique gouvernementale, en matière de résorption du déficit en logements universitaires et à l’amélioration des conditions de vie des étudiants, nous offrons à la ville de Kénitra sa première cité universitaire privée", déclare Miloud Chaâbi, président de Ynna Holding. La cité en question est située en face de l’université Ibn Tofail de Kénitra. Elle n’accueillera en son sein que des étudiants de l’enseignement supérieur public. D’une capacité d’accueil de 2194 étudiants, dont 1774 en chambres doubles et 324 en chambres simples et 96 studios, le prix du loyer mensuel et par étudiant est fixé à 300 dhs dès cette rentrée académique. Ce prix se justifie par le mode de gestion privée qu’il va falloir mettre en place pour donner une autonomie à cette cité universitaire privée. Ceci dit, si cette première cité universitaire privée a vu le jour au Maroc à Kénitra, la Fondation Miloud Chaâbi ne compte pas en rester là. Elle envisage d’en créer d’autres là où existe une université. Ces futures implantations se feront en fonction des besoins exprimés par les universités.
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Plus de 1,3 milliard de dirhams d'investissement

12/15/2003

Bilan annuel du CRI de Kénitra
Une année après sa mise en place, le Centre régional d'investissement (CRI) de la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen, à l'instar des autres CRI du royaume,
a produit son premier bilan annuel. Ce dernier est positif sur plusieurs points comme en témoignent les 480 entreprises que le CRI a aidé à créer pour un montant total d'investissement projeté de 161 millions de dirhams. Figurent également 144 projets d'investissements qui sont suivis par cet organisme et dont le montant total s'élève à 1.302 millions de dirhams.
Les deux guichets du Centre régional d'investissement (CRI) de Kénitra (région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen), à savoir celui de la création et celui d'aide aux investisseurs, n'ont pas chômé, du moins depuis son ouverture (le 5 novembre 2002) jusqu'au 5 novembre 2003. Pendant cette période, les opérateurs économiques ont sollicité en permanence le guichet d'aide à la création d'entreprises qui a compté plus de 2.500 promoteurs qui se sont présentés pour demander des certificats négatifs, créer des entreprises ou se renseigner sur les modalités de création d'une société. Ainsi, en termes d'intention de création d'entreprise, le CRI de la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen a enregistré 694 demandes de certificats négatifs dont 480 ont été accordés et pour lesquels les réponses ont été fournies en moins de 24 heures. A ce niveau, la célérité qui était l'un des objectifs recherchés, le CRI de la région du Gharb-Chrarda-Beni Hssen, comme ses homologues d'ailleurs, a rempli son contrat. Selon la nature juridique, les entreprises créées au CRI montrent la prépondérance des personnes physiques avec 250 unités, suivies des sociétés à responsabilité limitée (SARL) avec 156 unités et des sociétés en nom collectif (SNC) avec 29 unités. Pour les responsables du CRI, le non recours à certaines formes de sociétés notamment aux sociétés anonymes est dû à la complexité des procédures de leur constitution, particulièrement le montant élevé du capital (300.000 dirhams pour la S.A sans appel public à l'épargne et 3 millions de dirhams pour la S.A faisant appel à l'épargne). A leurs yeux, pour encourager les entrepreneurs à créer leur entreprise, une simplification des statuts de constitution des sociétés est nécessaire.
Par secteur d'activités, les entreprises créées montrent la prédominance du secteur du commerce (46,8 %), des services (33,6 %), du bâtiment et des travaux publics (12,5 %) et du secteur industriel (7,1 %).
La création de ces entreprises totalise un montant d'investissement de 161 millions de dirhams dont 34,4 % en services, 23,6 % en commerce, 22,8 % en bâtiment et des travaux publics, et pour le secteur industriel (7,1 %). Ces entreprises comptent générer 2.251 emplois. Dans ce sens, pour aider les entreprises créées à recruter leur personnel, une convention de partenariat a été signée avec l'Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences (ANAPEC). Dans le même cadre, cette agence a placé deux bornes interactives au CRI et à la province de Sidi Kacem pour rapprocher l'offre et la demande d'emploi.
A l'instar du guichet d'aide à la création d'entreprises, celui dédié à l'aide aux investisseurs a aussi enregistré 439 visites : demandes d'informations (290), demandes d'autorisation (144) ou contentieux avec l'administration(5). Ce guichet a suivi également 144 projets d'investissement dont 112 ont reçu un avis favorable. Ceux-ci projettent un montant total d'investissement de 1.302 millions de dirhams. Ces projets d'investissement ont pour origine l'Espagne (37), la France (65) et le Maroc (1.200) et concernent plusieurs secteurs, notamment les industries de transformation, le BTP, le tourisme, le commerce et les services.`

Trois questions à Jamal Attari, directeur du CRI de Kénitra
“La forte production agricole incite à la création d’unités agroalimentaires”
La Gazette du Maroc : quelles sont les potentialités et les opportunités d’investissement dans la Région du Gharb-Chrarda-Béni Hssen ?

Jamal Attarri : la position stratégique de la Région du Gharb-Chrarda-Béni Hssen entre le Maroc oriental et le Maroc occidental fait d’elle un carrefour routier de premier ordre. La région dispose de grandes ressources hydriques et d’une Superficie agricole utile (S.A.U) de 560.000 ha dont plus de 50% sont irrigables, et de plusieurs barrages, notamment le barrage Lalla Aïcha, Allal El Fassi et celui d' El Wahda. Elle possède des sols fertiles constitués majoritairement de terres dehs et tirs qui permettent des cultures variées. La forte production agricole incite à la création d’unités agroalimentaires.Les productions de fruits, légumes et viandes appellent à l’installation d’unités frigorifiques et de conditionnement. La production oléicole permet la création d’unités de trituration et de conserveries.La production laitière qui dépasse les 100 millions de litres, encourage à la création d’unités de transformation de lait et de fromagerie. L’activité d’élevage permet la création d’unités de fabrication d’aliments de bétail. Le secteur de l’artisanat offre plusieurs possibilités d’investissement, notamment dans les activités de broderie.
La région dispose également de zones industrielles dont une grande zone nouvellement créée à Sidi Kacem qui s’étend sur une superficie de 21 ha et comprenant 310 lots. Sur le plan touristique, la région dispose d’un littoral de 140 Km, avec de belles plages (Mehdia, Moulay Bousselham, Boukmour) et dispose de grandes réserves de chasse à Arbaoua et Kariat Ben Aouda qui s’étendent respectivement sur une superficie de 35.000 ha et 15.000 ha, et qui offrent d’énormes opportunités d’investissement.

Qu'en est-il réellement des entraves à l’investissement ?
Les principales entraves concernent :
• L’indisponibilité des terrains.
• L’affectation des terrains demandés à
des établissements publics ou des sociétés concessionnaires de service public, particulièrement la Sogeta et la Sodea.
• Le manque de qualification des sites.
• Les coûts élevés des terrains.
• La non-conformité des projets avec les orientations des plans d’aménagements.
• Le caractère contraignant des textes et de la procédure d’attribution des terres agricoles ou à vocation agricole faisant partie du domaine privé de l’Etat.
• Les insuffisances dans le montage des projets.
Mais le CRI et tous les acteurs du changement sont interpellés pour démanteler ces entraves.

Concrètement, à votre avis, quelle est la politique de développement et quelles sont les actions à entreprendre ?
Les contraintes relatives au foncier, à la non qualification des espaces d’investissement, à la non-conformité des projets montrent l’inadaptation de l’offre et de la demande.L’offre des terrains et des potentialités “en l’état brut” ne répond pas aux normes d’utilisation infrastructurelle et ne constitue pas un bon produit d’accueil des projets. Pour l’adaptation de l’offre à la demande et la réalisation des objectifs, deux dispositions sont nécessaires :
• L’intégration socioéconomique des projets ;
• La promotion des investissements productifs
La politique de développement régional doit prendre en considération la qualification des infrastructures et des espaces d’investissement intégrés.
Le CRI agira dans le cadre de cette politique, selon “une stratégie de développement spatial” pour la promotion des investissements productifs.
Les axes de cette politique doivent être :
• L’activation de la fonction portuaire de la région et la construction du port maritime de Kénitra. • La réhabilitation des zones industrielles.
• L’aménagement d’autres espaces d’investissement (zones industrielles, parcs industriels, zones d’activités économiques, pépinières d’entreprises, districts industriels).
• La requalification des infrastructures d’assainissement.
• L’aménagement des sites touristiques le long du littoral.
L’élaboration et la mise en œuvre de cette politique interpelle tous les acteurs de développement spatial ; Communes, Conseil de la ville, Conseil régional et pouvoirs publics, d’œuvrer de concert, dans une démarche participative pour programmer ces infrastructures de base pour l’accueil des projets d’investissement.
Aussi, des actions doivent être entreprises dans le sens de :
• La mobilisation d’une assiette foncière pour les projets d’investissement.
• La réalisation d’un système d’information géographique.
• La création d’une zone industrielle à Saknia de 1ère, 2ème et 3ème catégorie sur une superficie de 234 ha, prévue par le Plan d’aménagement.
• La révision du mode de gestion des zones industrielles.
• La création d’une zone industrielle à Sidi Yahia de 1 ère, 2ème et 3ème catégorie sur une superficie de 87 ha, prévue par le Plan d’aménagement.
• La réalisation d’une zone d’activité économique à Moulay Bousselham (DLALHA) pour l’installation des unités de conditionnement.
• L’aménagement de la corniche de Mehdia.
• L’aménagement d’espaces d’investissement à Ouled M’barek notamment pour l’habitat et l’extension de la zone industrielle de Bir Rami.
• L’aménagement du site touristique de Chlihate.
• L’aménagement du site touristique de Moulay Bousselham.
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Les choix stratégiques d'Altadis se confirment

9/29/2003

Régie des tabacs
Restructuration de l'organisation, optimisation de la structure industrielle, lancement de nouvelles marques sur le marché local, qualification des ressources humaines…le plan de développement de la Régie est en marche. Explications.

L'effet Altadis commence à se faire sentir sur la Régie des tabacs. Deux mois après avoir acquis 80% du capital de la Régie pour un montant de 14 milliards de DH, le groupe franco-espagnol passe à la vitesse supérieure. Premier acte : la mise en place d'une nouvelle organisation.
Si elle s'inspire en grande partie du modèle organisationnel d'Altadis, cette restructuration est également le fruit des résultats des réflexions menées en interne et des études réalisées par un cabinet spécialisé, en l'occurrence Masnaoui. Cette opération a été d'ailleurs prévue dans le cadre du business -plan 2003-2007.
Concrètement, cette réorganisation s'est traduite par la mise en place de quatre pôles opérationnels, à savoir le pôle industriel (production, développement, qualité, achats de tabac, battage, culture), le pôle commercial (marketing/ventes cigarettes et cigares, importations et exportations), le pôle distribution et le pôle ressources (finances, ressources humaines, achats hors tabacs, systèmes d'information).
La restructuration porte également sur la nomination de plusieurs nouveaux responsables, notamment de Joaquin Pimentel Ortega, directeur du pôle commercial (ex-directeur marketing/ ventes d'Altadis Espagne, de Hamid Terrab, directeur du pôle industriel et de Jean Montané, directeur adjoint de ce département (ex-gestionnaire de produits à la direction industrielle cigarettes d'Altadis et d'Alexandre de Suzzoni, directeur pôle distribution (ancien directeur des opérations d'Altadis distribution France).
La réorganisation de la Régie des tabacs n'est pas le seul chantier stratégique investi par Altadis. Le groupe compte également mettre les bouchées doubles au niveau de la distribution. Il s'agit d'un métier dont le cigarettier développe une grande expertise qui sera déployée au niveau local voire régional. A titre de rappel, le groupe est l'un des opérateurs de taille sur le marché de la distribution en Europe de l’Ouest. Selon les chiffres communiqués par le groupe, la distribution du tabac reste la première activité en termes de rentabilité. Quant au chiffre d’affaires de cette branche, il enregistre une croissance de 4%. Notons qu'Altadis a renouvelé début 2003 de nombreux contrats de distribution avec les grands fabricants de tabac. En ce qui concerne le développement des activités de distribution généraliste dans d’autres secteurs, avec l’acquisition de la société Burgal en Espagne, l'activité distribution hors tabac enregistre une croissance de 46 %.
Elle représente désormais 54 % du chiffre d’affaires économique de la branche. Aujourd'hui, la stratégie d'Altadis est claire. Le groupe continuera de se développer sur des niches de marchés qui garantissent une rentabilité supérieure à celle de la logistique de masse. Au niveau local, les axes de développement de la branche distribution ne sont pas encore dévoilés.
Altadis se fixe aussi comme objectif stratégique d'optimiser la structure industrielle de la Régie des tabacs. La fermeture de l'usine de Casablanca est à l'ordre du jour. Elle se fera certainement au courant de l'année prochaine.
Quant à l'effectif de cette usine (250 personnes), la régie exclut l'hypothèse d'un éventuel licenciement d'une partie de son personnel. D'autant plus que dans le cahier des charges de la privatisation de cette entreprise, l'acquéreur s'est engagé à ne pas toucher aux intérêts du personnel pour une période de cinq ans. Notons que la Régie compte transférer l'activité de l'usine de Casablanca à celle de Kénitra.
Quant à l'activité de l'unité de Tétouan, elle sera dédiée à la fabrication des cigarettes brunes sans filtre. Sur le plan commercial, il semble que le groupe franco-espagnol est en train d'affiner les dernières retouches pour le lancement de certaines marques d'Altadis sur le marché national. Tout un arsenal est donc mis en place pour préparer la Régie des tabacs à l'ouverture du secteur du tabac fixé pour 2008.

Suppression de 1.600 emplois en France et en Espagne
Le 24 juillet dernier, Altadis a annoncé un vaste plan de réorganisation qui vise la suppression de 1.600 emplois, dont 977 en Espagne et 701 en France. Ce projet concerne les trois branches d'activités du groupe et serait concrétisé entre début 2004 et l'été 2005.
Face à la pression des syndicats, le cigarettier franco-espagnol a mandaté deux cabinets d'expertise chargés d'étudier la validité du projet de restructuration. Ces deux cabinets auront quatre semaines pour établir un rapport sur la question. Altadis prévoit de dépenser 240 millions d'euros pour mener à bien sa réorganisation dont les deux-tiers sont dédiés aux filiales espagnoles.
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Mon nom est “Al Khanfouri”…

1/30/2003

Les aveux d’un condamné à mort

Son histoire a bouleversé le Gharb. Depuis la grande traque et les duels trop fréquents entre un jeune homme aux allures de colosse intraitable et les forces de l’ordre, la région n’est plus la même. Aujourd’hui encore, les gens se souviennent de cette histoire incroyable d’un homme qui a marqué leur imaginaire. Ghaffar Benaïssa, surnommé Al Khanfouri, est aujourd’hui âgé de 26 ans, on dit qu’il a perdu un peu de sa carrure herculéenne, mais il n’en reste pas moins un gaillard dur à la souffrance, condamné à mort et qui n’attend plus que la pendule du temps qui semble être suspendue sur sa tête. Retour sur une cavale et un bras de fer digne d’un grand polar doublé d’un sulfureux road-movie.
La cour centrale à l’intérieur de la prison de Kénitra. Le pavillon des condamnés à mort est au fond à droite.
La salle réservée aux visites des familles. C’est là que Ghafar Benaïssa reçoit les siens .Les visages passent. Ils ne se ressemblent pas. Dans ce long couloir bordé d’une cabine téléphonique pour permettre aux condamnés de joindre l’autre monde, il y a des corps qui circulent, se meuvent et semblent ne pas regarder ce qui se déroule près d’eux. A y voir de plus près, certains détenus donnent cet air d’une entité physique qui n’a plus de repères autres que ceux qui la caractérisent en tant que présence solitaire. Un corps unique au milieu d’autres corps uniques, mais qui sont soumis à une loi presque métaphysique qui a décidé qu’ils ne devaient pas, qu’ils n’allaient plus se rencontrer, se frotter, se frôler, se joindre et communier ne serait-ce que l’espace d’une seconde. C’est du fin fond de ce couloir où l’on bifurque à droite pour pénétrer le monde clos, secret, inimaginable, horrible, terrifiant, glacial, chaotique de ceux qui n’attendent même plus la mort, puisqu’elle ne vient pas ou ne viendra pas ou alors ne surviendra pas aussi vite qu’on le souhaiterait. C’est de là que surgit la silhouette d’un jeune homme à l’œil alerte, le regard tantôt noir, tantôt souriant avec une teinte de méfiance à peine masquée, mais suffisamment claire pour faire savoir à l’interlocuteur que l’on a affaire à plus dur que soit, plus futé, plus affûté, plus coriace, plus désespéré. Quand il entame le virage, il lève un œil qui scrute les parages. On sent que l’homme a besoin de savoir où il va, où il met le pied, face à qui il va commencer à endosser son rôle d’homme quelconque, normal, sans histoire. Ce rôle qu’il ne veut pas oublier, qu’il entretient, répète tel un comparse de la vie ou alors un acteur du désastre pour continuer à espérer ou du moins garder un pied parmi la foule et un autre de l’autre côté du mur. Très vite, la démarche aidant, une espèce de balancement des membres qui est à la fois nonchalant et très précis comme un exercice connu que le corps répète quasi automatiquement, on sent que l’homme qui avale les pas vers nous, n’est pas du tout le genre qui s’en laisse conter. Son attitude réclame la plus grande des vigilances. Il dit qu’il ne tolère aucun dérapage, aucun faux pas, aucune mauvaise plaisanterie. Son visage est fermé. Rien ne peut s’y lire. Un véritable parchemin d’alchimiste hermétique. Comment l’aborder ? Une simple poignée de main ? Un sourire et une tape amicale sur l’épaule histoire de briser la glace ? Et pourquoi pas afficher le même air sérieux à outrance, la même garde montée qui fait de cet homme une forteresse sur pieds ? Le braver du regard, bomber le torse, raidir les muscles ? Rien n’y fait, et encore moins afficher une suffisance face à un gaillard qui en a vu de toutes sortes…

Baisser la garde
"Vous voulez me parler ? Mais de quoi ? Ah, un journaliste !! J’en ai vu des tas comme toi…Quoi de neuf alors ? Une autre histoire de mensonges ou une simple visite pour ne rien dire ?" Le ton est donné et on ne pouvait espérer mieux. Si le bonhomme attaque, c’est qu’il a un peu la frousse, c’est que son attitude agressive n’est qu’un autre garde-fou pour se contenir ou alors tout simplement ne pas céder au besoin de se parler, de se rappeler qui il est, pourquoi il est là et qu’est-ce qui l’attend. Ghaffar Benaïssa est devant nous aussi imperturbable qu’une montagne enracinée dans le ventre de la terre. Il nous toise du regard, prend le temps de jauger celui à qui il a affaire, qui nous sommes, pourquoi cette visite et ce dérangement qui l’a tiré de sa cellule ou de sa promenade quotidienne loin des visages d’ailleurs. "Vous êtes libre de ne pas nous parler, vous pouvez retourner là où vous étiez, personne ne vous oblige à nous raconter quoi que ce soit. C’est votre histoire, votre vie et vous avez les pleins droits de nous renvoyer de là où nous venons nous aussi. Mais sachez que ceci n’est ni un interrogatoire, ni du voyeurisme encore moins un spectacle morbide pour nous. Nous sommes là pour vous écouter si le cœur vous dit de vous épancher, nous sommes ici comme un pont entre vous, ce que vous avez vécu et les gens qui ont lu des articles sur vous, qui vous connaissent par papier interposé. Aussi, voudrions-nous vous garantir la discrétion, le respect de ce que vous êtes et ne rien dévoiler ni écrire sans votre accord. Vous pouvez aussi estimer que cette rencontre n’a jamais eu lieu." Ghaffar Benaïssa prend le temps de réfléchir, tourner les phrases dans sa tête, jette des coups d’œil dans les parages.
‡ Serions-nous seuls ? , laisse t-il échapper dans un geste pour se dégourdir les bras.
‡ Oui, si vous le souhaitez.
‡ Et qu’est-ce que vous allez dire sur moi ? s’enquit-il, le regard hagard, méfiant, noir.
‡ Ce que vous allez nous dire, ni plus ni moins. La vérité, la vôtre, votre version des faits. Vous savez, nous vous donnons la parole, exprimez-vous, racontez ce que vous avez vécu.
Long silence.
"Par où commencer ? J’ai l’impression que tout cela est très loin, pourtant ça ne l’est pas du tout. Et puis je fais tout pour oublier certaines choses qui me font mal, que je n’ai pas encore avalées, alors des fois je ne veux même plus me souvenir. Mais vous êtes sûr que vous allez dire la vérité ?". Il s’accoude sur la table marron qui nous sépare. Il n’y a que lui du côté de la porte sur une chaise qui semble minuscule sous son poids et "le journaliste" (c’est comme cela qu’il nous appellera jusqu’au bout de sa confession) assis de l’autre côté de la table devant une série de dessins représentants des personnages de bandes dessinées comme Mickey Mouse, Donald Duke, Scoobidoo et d’autres figures tutélaires d’un monde qu’il n’a jamais connu. Ghaffar baisse la tête, ses lèvres bougent imperceptiblement. Il veut parler. Il ne sait pas comment débuter. Quoi dire en premier. Et si ce qu’il allait dire laissait une mauvaise impression ? Nous comptions sur le hasard de la première phrase. Le coup de poker.
"Il faut savoir d’abord qu’il y a des gens avec moi, condamnés pour le même motif que le mien qui sont innocents. Je tiens à te le dire, tout de suite. Ceci me dérange puisque j’ai innocenté ces hommes et pourtant ils sont là dans le même couloir que moi. Je dois le dire d’abord, il y a avec moi des gens qui n’ont jamais été avec moi dans cette histoire et qui payent. Je l’ai dit partout, personne ne veut m’écouter. On les a oubliés. Je veux soulager ma conscience et je te le dis si tu peux l’écrire. Par contre, il y a d’autres personnes qui ont participé à certaines de mes sorties, qui ont fait du chemin avec moi et qui sont toujours dehors, libres. Mais qu’ils se rassurent, je ne les donnerais jamais. Ce n’est pas Ghaffar qui fera le mouchard et qui balancera des gens. Qu’ils se rassurent. J’ai mal pour ça. Je tiens à le dire, tout de suite. Je tiens à le dire." Et ça aurait pu continuer de la sorte non stop tellement le bonhomme a été pris d’un accès de fièvre, une espèce de coulée de lave fulgurante, un tremblement de tête aussi imprévisible qu’inattendu qui a fait tout partir en vrille. C’est un verre de thé offert par la maison au détenu (qu’il a refusé) qui a stoppé net le flux de paroles qui fusaient dans une rage contenue, une sorte de confession préparée depuis des années, répétée chaque soir quand les lumières sont éteintes et que les clés font leur bruit de fin de partie. Le fonctionnaire, un jeune homme au sourire radieux, très serviable, tourne le dos et ressort de la salle exiguë où nous sommes réunis. Ghaffar le suit du regard, s’assure qu’il est bien loin et reprend là où il s’est arrêté. "Un jour en visite, je vois l’un de mes anciens compagnons de cavale qui est venu avec quelqu’un, il m’a vu et s’est confondu en excuses, il avait peur que je le dénonce, je l’ai rassuré. Il y a un autre qui est toujours dehors et qui est aujourd’hui en Espagne, mais il n’a jamais été menacé par quoi que ce soit. Moi, je paie pour ce que j’ai fait, c’est la règle, ceux qui sont innocents me posent un grand problème. Qu’ils me pardonnent sachant que je les ai innocentés depuis le premier jour". Ghaffar semble soulagé. Il est soudainement plus léger, plus abordable. L’armure tombe par pans entiers et le colosse de 26 ans se laisse découvrir. Il sait qu’il est sur un ring, il sait que son adversaire du jour n’est pas du genre à donner des coups, mais que la bataille se jouera sur le plan des sentiments et des idées, il ne baisse pas la garde, mais accepte de se laisser toucher, que la mémoire ricoche sur elle-même et délie sa langue. "Je le jure que c’est la vérité devant Dieu. Je le jure".

7 jours à l’école
Ghaffar Benaïssa est né un 2 novembre 1977. Il voit le jour par une belle journée automnale dans la bourgade de Souk Jemaâ de Lhouattate, à Sidi Kacem, près de Mechraâ Belqsiri. Nous sommes devant les portes de Ketama et à quelques encablures de la grande bleue. On verra plus tard que Ghaffar naviguera entre les montagnes embaumées par l’odeur de l’herbe et le sable fin de la côte. Pour l’instant, c’est un môme un peu grassouillet "très calme et un peu timide". Il joue dans la rue, trébûche, tombe et se fâche. "Il était très mécontent quand on le cherchait ou que dans le jeu on essayait de le surpasser". Cette connaissance qui sort du passé ne veut pas s’étaler davantage. Elle dira que Ghaffar n’a jamais été un mauvais garçon et que jeune il n’aimait pas l’école et avait une sainte peur de la classe. Ghaffar confirme que les bancs de classe n’ont jamais été une sinécure pour lui : "j’ai passé sept jours à l’école. Rien que 7 jours, et je me suis barré. Ce n’était pas un monde pour moi, je me sentais comprimé, je me sentais étranger à ce monde, loin du mien. La rue me manquait. Alors je ne suis plus revenu". A Souk Jemaâ, on joint un garçon qui l’a bien connu enfant : "il n’a jamais eu de complexe par rapport à cela et ne parlait jamais des études et de école. Il y avait dans le tas des amis à lui qui allaient à l’école et qu’il attendait après la sortie pour jouer avec eux. J’en faisais partie". Là non plus rien de plus qui ira au-delà de l’enfance. Les gens sont amnésiques quand il s’agit d’aborder le parcours de Ghaffar l’adolescent. Ils ne savent pas, ne veulent plus savoir, oublient. L’école boudée, le chemin des écoliers mis sur le bas-côté, l’enfant sillonne les champs avec son père. "En 7 jours d’école, j’ai usé deux cartables : l’un que j’ai déchiré moi-même, l’autre je l’ai brûlé". Fin de carrière. Arrêt définitif. Le gosse ne veut suivre que son propre chemin. La vie de fellah se profile alors plus agréable, moins contraignante, moins rude pour les méninges. Ghaffar est heureux. Il est loin toute la journée de ces cinq frères et ses trois sœurs. Le monde est divisé en une vie avec le père et les hommes du bled, les doyens du douar, et celui de la famille, le soir, au coucher du soleil. "C’est une autre vie, la terre, le champ et le travail avec mon père. Pour le reste, les amis et la famille, il y avait toujours un moment pour les voir au cours de la journée". Lui non plus ne semble pas faire un grand cas de ce qu’il a vécu entre six et quinze ans. Ses souvenirs sont brouillés, sa vie semble avoir pris racine à 18 ans, exactement en 1995. L’année de tous les dangers, l’année de l’accomplissement du jeune homme, la date d’entrée dans le monde du risque, de la prison et des bras de fer avec la police à n’en plus finir. Ghaffar n’est pas encore Al Khanfouri, mais il est accusé de viol et d’agression et écope de cinq années de prison. Il nie tout en bloc et se dit innocent. Dans le village, les gens ne savent pas et un vieux bonhomme dit que c’est peut –être une histoire de règlement de comptes pour finir avec "Seul Dieu est témoin de tout". Quoi qu’il en soit, l’accusation tient la route et Ghaffar atterrit à l’âge de 18 ans à la Prison civile de Kénitra. Et c’est là que l’un des épisodes les plus rocambolesques de son histoire survient. Il passe 13 jours dans la prison et réussit à s’évader. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Ghaffar a fait la belle et s’est volatilisé dans la nature. Plus de trace de ce détenu un peu trop fort pour son âge, la tête aussi énorme que celle d’un catcheur et les mains comme des paluches prêtes à tordre le coup au destin. Il ne dira jamais comment il a réussi son coup, ni comment il a pu franchir les portes blindées et déjouer la vigilance des gardiens. Avait-il un complice ? Etait-il seul ? Des gens de l’intérieur de la prison l’ont-ils aidé ? Avait-il graissé la patte comme on dit à quelqu’un pour fermer l’œil ? Rien ne filtre. "Je me suis taillé et j’étais dehors. J’avais le pays tout entier pour me cacher". Le secret reste intact. Ghaffar s’est fait la malle et c’est désormais la chasse à l’homme qui est ouverte. Fin de la première partie. Les choses sérieuses commencent et le bonhomme fait son entrée dans le monde des grands bandits, ceux qui mobilisent des dizaines d’hommes et font beaucoup de bruit autour d’eux. On essaie d’en savoir plus du côté de la ferme 6024 de la SODEA à Mechraâ Belqsiri, là où le frère de Ghaffar, Mekki, travaille la terre. Sans succès.

La mort aux trousses
Ghaffar n’est plus un simple fugitif. Il est loin du cliché Richard Kimble qui court vers son innocence qu’il perd à chaque fois qu’il y est presque. Ghaffar a désormais une cour avec lui, il se fait chef de bande et prend le large. Ils sont huit personnes qui bravent les jours et vivent la nuit. La terre devient une cachette à ciel ouvert. L’homme se mue en gibier et cible. Il sait qu’on court derrière lui, que des yeux le guettent, que sa tête est mise à prix, que son ombre peut le trahir . "Quand on est en cavale, on ne fait plus confiance à personne. On se méfie de tout le monde. On se doute de tout et on doute de soi. Peur ? Non, jamais. Autrement, je me serais donné tout de suite et je n’aurais jamais fui de la prison de Kénitra. Non, mon objectif est de ne pas me faire prendre". Et Ghaffar de mener la vie dure au sort pendant trois années de fuite, de passage furtif ou tout au long d’une région à l’autre. Trois longues années qu’il garde dans sa mémoire comme quelques moments de grande trouvaille de soi. Ghaffar s’aiguise tel une lame. Il devient plus aguerri, plus sûr de lui. Plus les jours passent plus le jeune homme qui n’a pas encore vingt ans, l’adolescent à peine pubère, voit qu’il peut faire un pied de nez à la vie et à ce que nous appelons communément destin. Alors ses capacités d’endurance sont décuplées. Il se sent presque infaillible. Intouchable. Sous une bonne étoile.

«En cavale du Nord au Sud»
Il y a d’abord l’étape de Nador où il passe quelque temps. Il ne travaille pas mais survit en faisant de petits boulots par-ci, par-là. On ne saura pas si il a trafiqué dans le hasch, s’il a fait des livraisons, s’il a fait le lien entre des acheteurs et des revendeurs. Il n’en dira pas plus, mais un sourire laisse entendre que la partie nadorie de sa cavale n’était pas si plane et sans accrocs qu’il voulait nous le faire savoir. Il fait un détour par Al Hoceima. Tourisme ? Peut-être pas. Mais certainement un bon coup de flair pour qu’il passe inaperçu et continuer à faire ses emplettes sans être trop inquiété. Quand on se penche sur ce parcours, on remarque que de Belqsiri à Nador et Al Hoceima, il y a eu des escales à Ketama, à Bab Bered, Bab Taza. Il rencontre du monde, se lie à d’autres gens, se fait un petit réseau de connaissances avant de renverser la vapeur et de se diriger vers le Sud à Agadir. D’Al Hoceima à Agadir ? Quel lien, pourquoi deux villes côtières avec de sublimes plages à perte de vue ? Est-ce une attirance pour l’eau, est-ce cette fluidité de l’eau qui lui fait sentir qu’il est aussi imprenable que cette substance que l’on ne peut aucunement tenir dans le creux de la main. Ou est-ce un goût prononcé pour le dépaysement et la grande bleue ? "Je ne voulais pas trop m’établir dans un seul endroit. Il a fallu bouger, changer de cachette, ne pas se faire trop remarquer. Je n’ai jamais oublié que j’étais en cavale, un fugitif, qui est poursuivi, recherché et qui peut se faire avoir à n’importe quel moment. Alors je voyageais, je ne laissais pas de trace derrière moi pour ne pas éveiller les soupçons. Je rasais les murs". Mais Ghaffar ne dit pas tout. Celui qui voulait éviter de se faire remarquer multipliait les sorties et les affrontements. Il a à peine 19 ans, il boit beaucoup, se saoule fréquemment : "j’ai beaucoup bu, oui beaucoup, je sortais, j’allais voir les chikhates et je passais du bon temps". A ce moment précis de son récit, on voit un Ghaffar plus décontracté qui savoure ce qu’il dit, se rappelle les moindres détails, multiplie les pauses comme pour revoir les images bien claires, évidentes d’un bonheur passé, d’un passé qu’il ne peut qu’oublier. Il se tait un bon moment, note ce que nous faisons, et enchaîne sur la peur qu’il n’a jamais connue, un sentiment qui ne l’a à aucun moment ébranlé depuis le premier jour où il a été accusé d’un viol doublé d’une agression à sa condamnation à mort en passant par la fuite, les accrochages avec les gendarmes et les bagarres au couteau et autres instruments de dissuasion. La peur? Un vocable qui n’a aucun sens pour Ghaffar. Par contre le regret oui. Non pas le remords, mais le regret d’avoir fait certaines choses qu’il n’aurait jamais voulu voir se dérouler devant lui. "Un jour à Soualem, dans la région de Belqsiri, nous étions tous ivres, nous avons été à une fête pour nous amuser, nous étions déjà armés, il y a eu une grosse bagarre avec les gens du douar qui se défendaient. ça donnait dans tous les sens. Une véritable razzia où on ne savait plus ce qui se passait autour de nous, nous étions aussi ivres de ce qui se passait. C’était incroyable comme les choses ont très vite pris une tournure dramatique et qu’on en est venu à des échanges de tirs. Deux coups sont partis. Il y a eu un mort : c’était un type qui défendait sa sœur. C’est l’une des choses que je regrette le plus dans toute cette affaire. Je me mets à la place de cet homme qui a voulu sauver sa sœur et qui tombe sous une balle. A sa place, j’aurais tué, j’aurais fait pareil. C’est une chose que je n’oublierai jamais. Je ne voulais pas que cela arrive. Mais le coup a été tiré par l’un d’entre nous et un homme est désormais à terre pour l’honneur de sa soeur. C’est tragique, c’est comme ça. Ça je le regrette". Là encore, les gendarmes débarquent, mais impossible de mettre la main sur Ghaffar qui s’approche de plus en plus de son image d’Al Khanfouri, l’homme qui a secoué le Gharb. Dans son patelin, les nouvelles vont bon train. On sait tout. Mais on ne parle pas. Il y a les gendarmes qui font leur enquête, ils questionnent, demandent aux habitants du douar un indice, une nouvelle, un détail. Ghaffar, lui, sort de son guêpier, trouve le grand chemin, prépare sa fuite, la tisse comme une toile d’araignée qui pourrait un jour se refermer sur lui. Pour le moment il est grisé par le succès d’un grand affrontement où il s’en sort sain et sauf. Il a vingt ans.

Le grand jeu
"Dans cette affaire, ce qui est curieux, c’est que le chauffeur qui nous conduisait tous dans une voiture a toujours été innocenté. Deux fois innocenté. Je ne le comprends toujours pas. D’ailleurs s’il n’était pas là, on ne serait jamais allé dans cette fête, ni tirer, ni voir un homme tomber à terre. Pourtant, ce type a toujours trouvé une porte de sortie. Pourquoi ? Je ne le sais pas. Mais avouez que c’est tout de même incroyable ?" Ghaffar revient à Belqsiri. Nous sommes en octobre 1998. Il a 21 ans. L’âge mûr, celui des risques, celui de l’accomplissement de soi, celui de la confiance où l’on entre de plain-pied dans le monde des grands. Désormais Ghaffar est un homme, un fugitif, il a un mort sur la conscience, une armée qui lui court derrière et tout une région qui le craint ou l’adule selon les affinités des uns et des autres. La peur ? Rien à faire. Il est immunisé contre ce sentiment que les humains ressentent et qui fait de nous des entités très vulnérables et donc touchantes, puisque touchables.
"J’étais de retour à Belqsiri. Je voyais les gendarmes qui me cherchaient. Parfois, on se retrouvait nez à nez mais ils ne pouvaient rien contre moi. Ils savaient que c’était très dangereux. Nous sommes donc en train de passer une bonne soirée à Jerdat Berkia. J’étais ivre. J’avais demandé à un gamin d’aller me chercher un poste-radio pour écouter de la musique. Ce gamin purge aujourd’hui une peine lourde alors qu’il a juste été me chercher une radio-cassette. Il n’a jamais rien fait en dehors de cela. Dieu m’est témoin. Quelqu’un a averti les gendarmes qui sont arrivés vers l’aube. Je savais que les choses allaient très mal tourner. J’étais armé et mes amis étaient là pour faire le guet. Les gendarmes nous ont encerclés. Ils pensaient nous prendre parce que maintes fois ils avaient eu l’occasion de me toucher mais n’osaient sauter le pas. Cette fois, ils étaient certains que j’étais mûr, parce qu’ils voulaient me prendre quand je serai ivre-mort. Les gendarmes ont tiré dans le tas, on a riposté et la lutte devenait de plus en plus acharnée. Un véritable combat". On les voit à l’aube dans une ferme bordée d’arbres avec des lueurs dans la nuit finissante. Des gamins qui s’affolent et qui prennent la fuite, s’en vont le cœur dans la gorge, les tripes noués, les jambes qui deviennent comme du coton. Un tir de fusil qui résonne dans la nuit, une étincelle dans le ciel, un cri, un blessé qui tombe et Ghaffar, ivre-mort qui se débat, tente de s’en sortir, cherche une faille, se jetant à l’assaut d’une armée de gendarmes, tente le tout pour le tout. Un autre coup de feu, d’autres éclats de fusils qui réveillent le voisinage. Le douar qui sait que Ghaffar est de retour et que les gendarmes ont décidé de l’arrêter. On court dans tous les sens, on crie, on donne des appuis, on se couvre, d’autres coups partent, une autre détonation de fusil et un bonhomme s’écroule dans la nuit qui s’en va. Le temps semble ne plus bouger. Il est suspendu comme dans un rêve, un cauchemar. Une demi-heure de lutte sans merci entre la bande à Ghaffar et les gendarmes. Bilan : un mort et un blessé. Des fuyards qui suscitent aujourd’hui le sarcasme de Ghaffar et de la grande satisfaction pour son ego, sa personne, son invincibilité : "ils me voulaient ivre-mort, ils m’avaient à bout de fusil et ils n’ont pas pu m’avoir. Ils avaient les boules. Ils devaient, eux, aller expliquer cela à leurs supérieurs. Moi, j’avais le pays à courir".
Ghaffar sait désormais qu’il a franchi un autre cap. Il n’y a désormais aucun espoir de retour. L’engrenage est en marche, la machinerie infernale a rodé ses mécanismes. Le temps finira par assurer la suite. Ghaffar laisse derrière lui un village sens dessus dessous. La psychose prend corps, et les villageois ne savent plus à quel saint se vouer. Ghaffar est devenu un danger. Pour qui ? Certains disent qu’il ne s’attaquait pas aux gens du douar ni à personne mais voulait se venger des gendarmes. D’autres attestent qu’il était comme un fauve qu’on ne pouvait plus maîtriser. Lui, part à Ketama, encore une fois. Ketama, la bienfaitrice, Ketama, la grande cachette, Ketama, le berceau des bandits. Il a froid la nuit. Et il n’aime pas cela. Deux mois à errer en sachant que les recherches sont plus denses. Deux mois dans les montagnes au milieu d’autres fugitifs qui ne peuvent plus quitter les hauts plateaux enrobés de hasch et d’herbe fumante. Il boit encore. Boit beaucoup. Puis s’en va à Berkane, à Saïdia. Puis retour à Berkane. Nous sommes en décembre 1998. Il est onze heures du soir dans une petite maison, un rez-de-chaussée miteux où il campe avec des compagnons de route. Quelqu’un l’a vendu : "j’ai été donné. Quelqu’un m’avait localisé, avait reconnu mon visage qui était affiché partout et m’avait vendu aux gendarmes qui sont venus en surnombre pour me prendre. C’était un mercredi. Non, non, un jeudi". Il fait une pause, se retourne, jette un coup d’oeil à la cour et le long couloir derrière nous. Il parle encore une fois de ce type qui est tombé en essayant de sauver sa sœur. Fixe la table marron devant lui, nous fixe pendant un long moment et soupire. Va-t-il continuer l’histoire ? Il en a ras-le-bol ? Il va se lever et nous tourner le dos ? C’est un jeu, un jeu vicieux d’arriver vers la fin de l’histoire et nous laisser patauger dans tout cela ? Il est fatigué ? Reviens demain? Non, il va parler, il ne peut pas s’arrêter maintenant ? Est-ce qu’on va publier tout ceci, tout ce qu’il a dit ? Oui. Certainement. Si tout va bien. Est-ce que nous sommes certains ? Oui et non. Il se peut, pour être franc, que cet article ne voit jamais le jour comme il peut sortir dans une semaine. Je ne décide de rien. J’ai des supérieurs, c’est eux qui vont juger si oui ou non on va publier ce que Ghaffar nous raconte. Il se tait encore un bon moment et puis : "peu importe, je vous dis la vérité, faites-en ce que vous voulez". "Ils étaient six policiers à Berkane qui sont entrés dans la maison pour m’arrêter. Ils avaient leurs matraques avec eux. Je les ai repoussés avec un couteau, j’en ai blessé un ou deux. Ils sont ressortis pour revenir plus nombreux. Je savais que cette nuit n’allait pas finir. C’était clair que c’était la fin, peut-être ma mort. Je pressentais le pire. Les trois ans de fuite gênaient ma pensée. Mais je ne me laissais pas faire. Je savais qu’il fallait aller jusqu’au bout".

La fin de la partie
La peur ? Là non plus, il dit qu’elle était absente, qu’elle était peut-être l’invitée de la nuit du cauchemar, mais qu’elle restait à distance de lui. C’est elle qui avait peur de lui. Elle ne pouvait pas s’en approcher. Ghaffar l’avait tenue en respect pendant des années, elle savait désormais que ce n’est pas à un moment comme celui-ci qu’elle doit se manifester et lui faire des signes. "Ils sont revenus dans la nuit, ont encerclé la maison et avaient ramené du renfort. Ils sont venus par en haut après avoir aspergé la maison de bombes lacrymogènes. On ne respirait plus, on n’y voyait plus rien du tout, du brouillard, du flou et des corps qui courent partout. Ils sont donc arrivés vers nous et ont tiré dans le tas. J’ai reçu trois balles. l’une m’a brisé la jambe droite, l’autre m’a blessé à la jambe gauche. Et là encore, ils ne pouvaient pas venir vers moi. Ils me voulaient mort. J’étais blessé, mais encore vivant". Et là, la peur a-t-elle frappé un bon coup ? "Non, j’essayais de savoir comment m’en sortir. Mais j’étais touché". Il ne ressentait pas de douleur. Il était mal en point, une jambe fracturée et une autre trouée, mais il n’y a pas de souffrance. Tout est dans la tête. Il faut trouver un moyen pour ne pas plier. Comment ? Avec quel moyen, pourquoi, et où aller encore ? Il n’a pas le temps de réagir, la maison est un brouillard dense à découper au couteau, Ghaffar traîne par terre, ses amis sont tétanisés, soumis, rendus à l’évidence. La police envahit les lieux et pose une main sur l’intouchable Ghaffar qui réalise que c’est là la fin d’une partie. Le début d’une autre course contre la montre entre accusations, tribunaux, prisons et témoins à charge. Les vieux démons refont surface et Ghaffar mesure l’ampleur de ce qu’il est. Il est très vite transféré après son arrestation à Kénitra pour se faire soigner. Il a 21 ans à peine. La fleur de l’âge qui se fane, la fêlure du temps qui cicatrise mal, le noeud est à son comble. Une autre fuite ? Pourquoi pas, mais il faut être bien portant. Il passe en jugement au tribunal militaire où il écope d’une réclusion à perpétuité. A Kénitra, il est condamné à mort pour un dossier plein à exploser de chefs d’inculpation. En 2002, il écope encore d’une peine de deux ans de prison pour une autre affaire dont il n’a aucun souvenir : "je ne sais pas pourquoi, d’ailleurs maintenant je refuse d’aller devant un tribunal". 51 personnes impliquées dans cette affaire du bandit du Gharb. Ghaffar cite des noms, dit que tel est innocent et que tel autre ne l’est pas. Il dit avoir impliqué des gens qui l’avaient donné aux gendarmes par vengeance Et là aussi il cite des noms. Il parle de son dossier de psychiatrie qui un jour est sorti de nulle part alors qu’il n’a jamais été voir un toubib depuis son incarcération. Il parle de l’ancienne direction de la Prison centrale de Kénitra qui l’a malmené. Il accuse, cite des gens, mais comment savoir la vérité alors que personne ne veut reparler d’une affaire vieille de quelques années. "Aujourd’hui, les choses sont différentes, les gens se comportent mieux avec moi. Alors je me suis calmé."
Qu’espère-t-il aujourd’hui ? Une remise de peine ? Une grâce ? Il ne se fait pas beaucoup d’illusions. Il voudrait mais il n’y croit pas trop. Il dit qu’il vit, qu’il voit le temps passer, qu’il ne se fait plus de soucis pour rien en dehors de la famille et des siens. Il assume ce qu’il a fait et ne regrette que cet homme qui a défendu sa soeur et qui est mort. On imagine que ce visage viendra le hanter la nuit, lui demander des comptes, le harceler. Et l’avenir ? Il ne sait pas ce que cela veut dire. Il attend que les jours passent. Tout simplement. Désormais c’est entre lui et le temps. Et c’est peut-être là que la peur fera son choix et décidera du reste.
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